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Introduction
« Couleur et sentiment », « couleur et signification » : ce sont là des notions indissociables depuis la nuit des temps. Les artistes et les artisans entretiennent un lien particulier avec la couleur. C'est en effet un moyen d'expression capable d'exercer un véritable effet d'intensification. Associer la couleur à la lumière, en particulier, ouvre des possibilités infinies. Depuis des siècles, verriers et peintres verriers s'efforcent de maîtriser ces deux « instruments ».« La couleur est une puissance qui influence directement l'âme »
- Wassily Kandinsky, Moscou 1866 – Neuilly-sur-Seine, 1944
« La couleur ! Quel langage profond et mystérieux, le langage du rêve ! »
- Paul Gauguin, Paris, 1848 – Fatu-Hiva, 1903
L'ensemble de vitraux néo-gothiques magnifiquement restaurés que compte notre collection constitue une raison suffisante pour nous de faire figurer ces œuvres d'art dans un contexte plus large.
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Un aperçu à vol d'oiseau de l'histoire du vitrail européen
Bien que les Romains utilisaient déjà des plaques de verre translucide pour couvrir des ouvertures murales, le vitrail a atteint son apogée en Europe entre 1150 et 1500, période également connue sous le nom d'ère des cathédrales.À cette époque, les vitraux devinrent bien plus qu'une simple façon de laisser entrer la lumière tout en fermant l'espace. Désormais, leur fonction résidait aussi dans leur valeur didactique. Les récits bibliques et hagiographiques qui ornaient les vitraux constituaient une sorte de bible du pauvre. Ils apportaient, pour ainsi dire, la connaissance des Saintes Écritures d'une manière compréhensible et imagée. Dans le même temps, la lumière colorée apportait un symbolisme supplémentaire. La lumière qui pénétrait était interprétée comme une manifestation de Dieu. Ce n'est pas non plus un hasard si le maître-autel était baigné de lumière : c'était le lieu où l'on célébrait le plus important des sacrements, celui de l'Eucharistie. Comment obtenait-on ces couleurs magiques ? Eh bien, aux XIIe et XIIIe siècles, ce sont les oxydes métalliques qui coloraient le verre. Le cuivre, par exemple, produisait des couleurs différentes selon les divers degrés d'oxydation. Ce métal pouvait colorer le verre en bleu clair, en vert et même en rouge. Il convient de noter qu'à partir du XIIIe siècle, le verre incolore, moins coûteux et laissant en même temps pénétrer davantage de lumière dans les édifices, fut utilisé plus fréquemment. -
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Un siècle plus tard, entre 1400 et 1500, les peintres verriers peignirent fréquemment sur le verre à l'aide d'un « jaune d'argent » (chlorure ou sulfure d'argent). Le fragment de verre peint était ensuite traité thermiquement dans un four. Le processus de chauffe faisait migrer les ions d'argent dans le verre, où ils se retrouvaient en suspension au sein même du réseau vitreux. Ce procédé donnait des teintes allant du jaune pâle à un rouge assez soutenu. Cette nouvelle technique permettait aux verriers d'obtenir plusieurs couleurs sur un seul fragment de verre. Les nuances produites par la peinture au chlorure d'argent convenaient parfaitement pour représenter des couronnes dorées, des sceptres et d'autres objets et ornements dorés. Mais l'avantage le plus important de cette technique résidait dans le fait que le peintre verrier pouvait désormais réaliser des transitions du ton jaune au blanc sans avoir besoin d'insérer des séparations en plomb ! Cela améliorait également la lisibilité de la scène représentée.
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Comment Daniël Theys a restauré et redonné vie aux vitraux de Spectandum
Le restaurateur et souffleur de verre belge Daniël Theys a opéré une reconversion professionnelle sur le tard et exerce ce métier depuis 1987. Il est une figure importante de l'art du vitrail en Belgique. Il est de surcroît le seul, dans le pays, à maîtriser encore la technique de la gravure sur verre.
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"The stained glass company - Manchester"
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The stained-glass windows of the 19th century are made of ‘in the mass-colored’ glass. This means that the colors were added to the liquid glass during its production process. This type of glass differs from glass colored with enamel paint, which became popular from the interwar period. The latter process involves applying enamel paint (this is a glass powder with a metal oxide to which a medium has been added) to the colorless glass. When firing the glass with the enamel paint, the powder fuses with the glass. The colors of email painted glass are less intense and less brilliant than those of ‘in the mass-colored glass’.For the restoration Theys only worked with mouth-blown glass, both with ‘in the mass-colored glass’ and with ‘verre plaqué’. This is blown glass composed of several layers of different shades. Over the years, Theys built up a large stock of old blown glass. Colored blown glass always has sliding shades. For example, a red piece of glass can have a color transition from bright red to light orange. These differences in shades are the result of the different thicknesses of the piece of glass. It allows the glazier to use a wide variety of shades.
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Les vitraux ont été entièrement re-plombés par le restaurateur, car il ne subsistait pratiquement plus de « réseau de plomb » d'origine. En règle générale, les baguettes de plomb n'ont qu'une durée de vie limitée en raison des phénomènes d'oxydation. Daniël a retiré les anciens résidus de plomb et posé de nouveaux profilés. Il a ensuite appliqué du mastic entre les fragments de verre et les baguettes de plomb afin d'assurer l'étanchéité de l'ensemble. Un vitrail doit en effet être rendu parfaitement étanche. L'état actuel des vitraux est excellent.
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Les vitraux aujourd'hui
L'ensemble de vitraux que nous présentons aujourd'hui comptait à l'origine des fenêtres de 5 à 6 mètres de haut, puisqu'elles ornaient à l'origine une église néo-gothique. Les dimensions d'origine n'étant pas adaptées aux bâtiments privés, il a été décidé de ne restaurer que la représentation figurative.
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D'après le style des vitraux – très probablement de la fin du XIXe siècle –, leur iconographie religieuse, ainsi que leur forme d'origine (fenêtres en arc brisé) et leurs dimensions (5 à 6 cm de haut), on peut supposer qu'ils ornaient autrefois un édifice cultuel (néo-)gothique. D'une part, les vitraux ont pu être retirés à la suite de dégâts causés par une tempête ou d'autres sinistres ; d'autre part, ils ont pu être déposés lors d'une rénovation ou de la démolition d'une église. L'église Notre-Dame de Laeken est le bâtiment religieux le plus célèbre de cette commune susceptible de correspondre. Au début des années 1920, les vitraux centraux du transept furent gravement endommagés par un ouragan. Aujourd'hui, des fragments de verre de ces vitraux (datant de 1893-1894), portant les noms des seize saints disparus, ainsi qu'un remplissage d'arc de la fenêtre occidentale, sont officiellement recensés.
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Le vitrail peut être suspendu grâce à un œillet de suspension. Il est également possible de le placer en position verticale, debout.Grâce au savoir-faire de l'atelier Theys, nous pouvons de nouveau profiter de l'éclat de la couleur !
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